ABSTRACTS DES JDHD 2001

Stress oxydatif, insulinosécrétion, et insulinorésistance Vincent Poitout, Yoshito Tanaka, Gérard Reach, R. Paul Robertson
RESUME
Le diabète de type 2 est caractérisé par une résistance à l’insuline, liée en particulier à l’obésité, et une incapacité du pancréas à y faire face. Les perturbations métaboliques associées au diabète, notamment l’hyperglycémie et l’hyperlipidémie, sont elles-mêmes des facteurs aggravants des lésions initiales, créant ainsi un cercle vicieux responsable de la détérioration de l’homéostasie glycémique au cours du temps. De nombreux arguments sont en faveur d’une hypothèse impliquant l’intervention du stress oxydatif dans ces phénomènes de glucotoxicité et lipotoxicité.
La culture chronique de cellules insulinosécrétrices dans de fortes concentrations de glucose est associée à une diminution de la sécrétion d’insuline et de l’expression du gène de l’insuline, anomalies qui sont prévenues par traitement antioxydant. In vivo, l’administration d’agents antioxydants prévient l’apparition des phénomènes de glucotoxicité chez le rat diabétique Zucker Diabetic Fatty. La culture d’îlots de Langerhans de rat isolés en présence de metformine, qui a des propriétés antioxydantes, bloque les effets délétères des acides gras et du glucose à long terme sur la sécrétion d’insuline.
La génération de radicaux libres inhibe de nombreuses étapes des voies de signalisation de l’insuline dans les tissus périphériques, dont l’autophosphorylation du récepteur de l’insuline, la phosphorylation des Insulin Receptor Substrates, l’activation de la phosphoinositol-3-kinase, et le transport du glucose. In vivo, l’administration d’un stress oxydant aggrave l’insulinorésistance préexistante chez le rat.
Chez les patients diabétiques, les taux plasmatiques et cellulaires de marqueurs du stress oxydatif sont augmentés, et le traitement par la vitamine E ou C améliore la sensibilité des tissus périphériques à l’insuline.
L’ensemble de ces données suggère que le stress oxydatif puisse être impliqué dans les mécanismes du déficit insulinosécrétoire et de la sensibilité à l’insuline dans le diabète de type 2.
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